Le Ghana renforce l'interdiction de precher dans les bus alors que le Nigeria examine une mesure similaire

Le Règlement sur la circulation routière de 2026, approuvé par le Parlement du Ghana en mai
Le Règlement sur la circulation routière de 2026, approuvé par le Parlement du Ghana en mai, qualifie d'infraction le fait de prêcher ou de faire du colportage à l'intérieur d'un véhicule public ou commercial en mouvement.

Le Ghana a lance une campagne nationale de sensibilisation du public aux nouvelles regles de circulation routiere qui interdisent de precher ou de vendre des marchandises a l'interieur des vehicules publics et commerciaux en mouvement. Cette mesure attire a nouveau l'attention sur une restriction qui existe dans le pays depuis plus d'une decennie.

Les Reglements sur la circulation routiere de 2026, approuves par le Parlement ghanéen en mai, considerent le fait de precher ou de faire du commerce a l'interieur d'un vehicule public ou commercial en mouvement comme une infraction. Une personne reconnue coupable peut etre condamnee a une amende comprise entre 10 et 50 unites de penalite, a une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'a huit mois, ou aux deux.

Cette reglementation suscite un interet particulier, car la predication dans les bus et autres moyens de transport public fait depuis longtemps partie des pratiques religieuses visibles au Ghana et dans plusieurs autres pays africains.

Cependant, ces nouvelles dispositions ne constituent pas une premiere interdiction de cette pratique au Ghana.

Les Reglements sur la circulation routiere de 2012 interdisaient deja de provoquer ou de permettre une nuisance, notamment en prechant ou en faisant du commerce dans un vehicule public ou commercial lorsque celui-ci etait en mouvement. Les reglements de 2026 integrent cette infraction dans un cadre plus large de securite routiere, avec des sanctions renforcees et de nouvelles mesures d'application.

Le ministere ghanéen des Transports a lance, le 10 septembre, une campagne nationale de sensibilisation afin d'expliquer au public les nouvelles lois et reglementations relatives a la circulation routiere.

Le ministre des Transports, Joseph Bukari Nikpe, a souligne l'importance de cette campagne afin que la population puisse comprendre les lois a respecter dans ses activites quotidiennes.

Les reformes plus larges comprennent notamment la mise en place de systemes automatises de controle de la circulation, d'un systeme de points de penalite pour les conducteurs, le renforcement des sanctions pour les infractions graves au code de la route ainsi que de nouvelles exigences concernant les operateurs de transports publics et commerciaux.

Le gouvernement a egalement reduit la limite legale d'alcoolemie et introduit de nouvelles normes concernant l'inspection des vehicules, les periodes de repos des conducteurs et le transport de marchandises dangereuses. Le ministere a indique que la campagne de sensibilisation couvrira les 16 regions du Ghana.

Il est important de preciser que cette reglementation n'interdit pas de maniere generale la predication au Ghana. La predication dans la rue, dans les eglises ou dans d'autres espaces publics reste distincte de cette reglementation concernant les vehicules en mouvement.

Une mesure similaire au Nigeria

Une reglementation comparable a egalement fait debat au Nigeria cette annee, lorsque les legislateurs ont reexamine la legislation relative a la securite routiere.

En juillet, le Senat nigerian a adopte un amendement a la loi portant creation de la Commission federale de securite routiere. Le texte mentionne notamment la predication, la vente ambulante et le commerce a l'interieur des vehicules commerciaux parmi les activites interdites.

Les informations publiees a l'epoque faisaient etat d'une amende de 50 000 nairas, soit environ 37,65 dollars, pour les personnes reconnues coupables de cette infraction. L'objectif plus large de la legislation etait de renforcer l'application des regles de circulation.

Cette mesure avait suscite un debat public, certains se demandant si le Nigeria introduisait une nouvelle restriction visant l'evangelisation chretienne. Le Senat a ensuite precise que l'interdiction n'etait pas nouvelle.

Selon le Senat, la predication et la vente ambulante a l'interieur des vehicules commerciaux etaient deja considerees comme des infractions en vertu de la Section 10(4) de la loi de 2007 portant creation de la Commission federale de securite routiere, ainsi que du Reglement 220 des Reglements nationaux de circulation routiere de 2012.

L'amendement avait simplement deplace cette disposition dans la liste des infractions, faisant passer son classement du point 36 au point 49.

Le Senat nigerian a egalement precise que la legislation n'interdisait ni la predication dans la rue ni les activites religieuses dans les espaces publics.

Dans sa clarification, le Senat a explique que la mesure concernait principalement la securite des passagers et des autres usagers de la route et qu'elle n'avait pas pour objectif de remettre en cause les activites religieuses dans l'espace public.

Une question de securite routiere

Le debat au Nigeria est particulierement pertinent pour la discussion au Ghana, car les deux pays disposent de populations chretiennes importantes et possedent une longue tradition d'evangelisation publique.

Dans les deux cas, les autorites presentent cependant ces restrictions avant tout comme des mesures liees a la securite et aux transports, et non comme des restrictions visant le christianisme.

L'argument avance derriere ces regles est que certaines activites pratiquees a l'interieur des vehicules commerciaux en mouvement peuvent provoquer des perturbations ou distraire les passagers et le conducteur, dans un environnement ou ce dernier doit rester pleinement concentre sur la route.

La predication dans les transports publics peut notamment consister pour une personne a monter dans un bus, a s'adresser aux passagers et a delivrer un message religieux pendant que le vehicule circule.

Cette pratique est particulierement visible dans certaines regions d'Afrique de l'Ouest, ou les bus et minibus constituent un moyen de transport quotidien largement utilise.

Le ministere des Transports a indique que la mise en oeuvre du nouveau cadre de circulation routiere necessitera la collaboration des autorites de transport, de la police, des agences de securite routiere, des services charges de l'immatriculation et des permis de conduire, des syndicats de transporteurs ainsi que d'autres parties prenantes.

Le ministere rappelle ainsi que la securite routiere constitue une responsabilite partagee entre tous les usagers de la route.

Most Recent