La commission électorale kényane et des leaders évangéliques lancent une feuille de route pour 2027 sur fond de déficit de financement

NAIROBI, KENYA — Des électeurs déposent leurs bulletins dans les urnes dun bureau de vote de Nairobi lors des élections générales kényanes de 2022
NAIROBI, KENYA — Des électeurs déposent leurs bulletins dans les urnes d'un bureau de vote de Nairobi lors des élections générales kényanes de 2022. La Commission électorale indépendante (IEBC) indique que les enseignements tirés de ce scrutin orientent les préparatifs pour 2027. Ed Ram/Getty Images

La Commission électorale indépendante et des frontières (Independent Electoral and Boundaries Commission, IEBC) et l’Alliance évangélique du Kenya (Evangelical Alliance of Kenya, EAK) ont tenu un petit-déjeuner de prière le mercredi 4 février, lançant un partenariat formel en vue des élections générales de 2027, destiné à protéger le processus démocratique du pays par un engagement fondé sur des valeurs. Cette initiative intervient alors que la commission avertit qu’elle fait face à un important déficit de financement pour des activités préélectorales clés.

L’évêque Philip Kitoto, président de l’EAK, a qualifié l’implication de l’Église de « mandat biblique » visant à servir de voix de la raison. Il a souligné qu’après plus de 50 ans d’indépendance, le Kenya doit s’éloigner des « vices destructeurs » pour évoluer vers un modèle fondé sur la justice et l’intégrité.

« L’Église ne peut pas rester silencieuse face à l’injustice, à la violence ou à la décadence morale », a déclaré l’évêque Kitoto, insistant sur l’engagement du clergé à accompagner la nation vers des élections pacifiques. L’EAK a appelé à une feuille de route nationale claire pour faire face à la polarisation politique et a condamné toutes les formes d’incitation et de discours de haine.

Le président de l’IEBC, Erastus Edung Ethekon, a déclaré à l’assemblée que cette rencontre démontrait l’engagement de la commission en faveur de l’inclusivité. Il a exhorté les responsables religieux à promouvoir l’éthique et à dialoguer avec les responsables politiques présents dans leurs congrégations afin de garantir la transparence lors du prochain cycle électoral. M. Ethekon a indiqué que l’IEBC tire les leçons des élections de 2022 en adoptant une stratégie de préparation fondée sur des cycles, et qu’elle finalise actuellement son Plan des opérations électorales (Election Operations Plan, EOP) 2025-2027.

L’inscription continue des électeurs (Continuous Voter Registration, CVR) a repris en septembre 2025 et se poursuit. M. Ethekon a fixé mars 2026 comme date cible pour le lancement de l’inscription massive améliorée des électeurs (Enhanced Mass Voter Registration, MVR), qui sera étendue au niveau des circonscriptions locales (wards). Pour soutenir cette initiative, la commission modernise ses systèmes afin de réduire la congestion pour les primo-inscrits, une mesure destinée à résoudre les goulets d’étranglement numériques observés lors des cycles précédents.

Un déficit de financement de plusieurs milliards de shillings

Malgré cette feuille de route, l’IEBC fait face à un déficit budgétaire de 6,7 milliards de shillings (51,9 millions de dollars) spécifiquement pour les activités préélectorales. M. Ethekon a attribué cet écart à des « financements tardifs et insuffisants », précisant que, bien que la commission ait proposé un budget de 63 milliards de shillings (489 millions de dollars) pour l’ensemble du cycle, les allocations actuelles ont été réduites par le Trésor national.

La commission traverse également une transition administrative après la démission, le 3 février 2026, du directeur général (CEO) Marjan Hussein Marjan, intervenue d’un commun accord après une décennie au sein de la commission. Ces changements internes et les réformes législatives au point mort — notamment la reconstitution du comité de sélection et les lois sur le financement des campagnes — constituent des obstacles majeurs à l’approche du scrutin de 2027.

L’IEBC a souligné que la préparation électorale nécessite une coopération avec la société civile, les médias et les agences de sécurité. Si la commission a salué le soutien de l’EAK, des organisations de la société civile ont noté que le succès de la feuille de route dépendra autant de la transparence technique et de l’adoption en temps voulu des lois électorales en attente que du plaidoyer moral.

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