La moitié de la population mondiale subit un certain niveau de persécution religieuse, selon un rapport

L’Aide à l’Église en Détresse signale une augmentation des incidents antichrétiens dans les pays occidentaux.
L’Aide à l’Église en Détresse signale une augmentation des incidents antichrétiens dans les pays occidentaux. Tep Ro, Pixabay

Environ 4,1 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, subissent un certain degré de persécution religieuse dans 24 pays, selon un rapport d’une agence d’aide qui met en évidence une augmentation inquiétante des incidents anti-chrétiens dans les pays occidentaux.

« L’Europe et l’Amérique du Nord ont été témoins d’une augmentation significative des attaques contre des lieux de culte et des croyants chrétiens », indique le rapport d’Aid to the Church in Need (ACN), intitulé Religious Freedom in the World Report 2025.

L’étude révèle que près de 5,4 milliards de personnes, soit les deux tiers de l’humanité, vivent dans des pays où de graves violations de la liberté religieuse sont commises. Les chercheurs ont cité deux catégories de persécution définies par le défunt pape François en 2016 : la persécution explicite et la « persécution polie », cette dernière consistant en des pressions plus subtiles de nature légale, culturelle ou internationale.

Le rapport identifie l’absence de responsabilité dans les pays occidentaux comme un problème central.
« Bien que la persécution polie se distingue des activités criminelles à caractère anti-chrétien, telles que les attaques contre les croyants ou les églises, le fait de ne pas agir contre ces comportements, alors que d’autres formes de crimes haineux sont sanctionnées, est un symptôme de persécution polie », indique le rapport.

Il exprime une préoccupation particulière pour la région de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), couvrant 35 millions de kilomètres carrés (13,5 millions de miles carrés). Le rapport note que plusieurs nations de la région OSCE sous-déclarent les incidents visant les chrétiens.
« Les actes témoignant d’hostilité envers les chrétiens, y compris la criminalité, continuent d’affecter la région de l’OSCE, et les données suggèrent que la situation s’aggrave », souligne le rapport. « Pourtant, de nombreux États participants de l’OSCE ont peu fait pour quantifier l’ampleur réelle de ces problèmes sur leur territoire. »

Le rapport souligne la sous-déclaration en Scandinavie, notant que seule la Finlande a signalé des incidents haineux contre les chrétiens depuis 2023.

Les États-Unis ont également montré une « augmentation notable du vandalisme des églises et autres sites chrétiens, et où le gouvernement n’a publié aucune donnée officielle », indique le rapport.
Le rapport attribue aux organisations de la société civile le mérite d’avoir révélé la « dure réalité » : les attaques contre les chrétiens et leurs lieux de culte deviennent beaucoup plus fréquentes aux États-Unis. La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a recensé 56 incidents contre des biens d’église en 2024, suivis de 19 autres entre janvier et juin 2025.

« Parmi les attaques les plus notables figure l’explosion d’un engin au niveau de l’autel d’une église en Pennsylvanie le 6 mai 2025, et plusieurs incendies criminels dans des églises en octobre 2024 dans le Massachusetts, l’Arizona et la Floride », précise le rapport.

Les pays européens font également face à des défis importants. Les chiffres récents indiquent 1 000 incidents anti-chrétiens en France en 2023 et 600 cas de vandalisme d’églises en Grèce. Au Canada, 24 bâtiments d’église ont été ciblés par des incendies criminels entre 2021 et 2024.

« Des pics similaires ont été observés en Espagne, en Italie, aux États-Unis et en Croatie, incluant la profanation de lieux de culte, les agressions physiques contre le clergé et les perturbations de services religieux – souvent motivés par une hostilité idéologique, un activisme militant ou l’extrémisme anti-religieux », observe le rapport.

Dans certaines parties de la région OSCE, notamment en Arménie, Azerbaïdjan, Ukraine et Russie, les autorités ont emprisonné des objecteurs de conscience refusant le service militaire pour des motifs religieux ou éthiques. Les groupes religieux en Turquie subissent « des restrictions systématiques sur le culte, l’expression et l’égalité juridique ».

Dans des démocraties occidentales comme la Belgique, les institutions religieuses subissent une pression juridique croissante pour fournir des services tels que l’avortement et l’euthanasie assistée. Le rapport ajoute que les responsables religieux belges ont été sanctionnés pour avoir refusé l’ordination de femmes.

Bien que l’Australie protège généralement la liberté religieuse, le rapport exprime des inquiétudes récentes.
« En Australie, la liberté religieuse a été protégée légalement par le passé, mais les développements récents suscitent des préoccupations », indique-t-il.

Certains États australiens exigent désormais que les prestataires de soins de santé confessionnels orientent vers des services contraires à leurs convictions. Le rapport cite un cas où un hôpital catholique a été confisqué pour avoir refusé de fournir des services d’avortement.

Le rapport condamne également l’utilisation par l’Australie de centres de détention offshore à Nauru.
« Les groupes de défense des droits de l’homme et les évêques catholiques ont dénoncé les conditions comme inhumaines », indique l’étude. « De nombreux demandeurs d’asile – souvent fuyant la persécution religieuse – restent en détention prolongée. En novembre 2024, plus de 100 personnes étaient détenues à Nauru, un nombre record depuis 2013. »

Alors que des nations du Pacifique comme la Nouvelle-Zélande et le Timor-Leste maintiennent des protections solides, le rapport suggère que l’agitation interne et la pression géopolitique suscitent des débats sur le rôle public de la religion en Papouasie-Nouvelle-Guinée. À la suite d’émeutes meurtrières en février 2024, le Premier ministre James Marape a promu une identité nationale chrétienne. Le Parlement a ensuite adopté une loi déclarant le pays chrétien, bien que les responsables religieux aient averti que cette mesure pourrait nuire à la diversité culturelle.

Lors de sa visite en septembre 2024 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pape François a appelé au respect de la dignité humaine et dénoncé la violence, y compris les abus liés à la sorcellerie.

« La politisation croissante de la religion et les influences extérieures pourraient menacer la liberté religieuse et le pluralisme dans le pays », conclut le rapport.

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